ERES BELLA & harcèlement de rue

Une illus qui a servi à Zaafiro, une ONG qui aide les victimes d’abus sexuels et de viols.
Bien contente !

On ne baisse pas l’estime de soi, les filles !

L’illustration dit : "TU ES BELLE. Ne laisses jamais personne te dire le contraire : ton corps n’appartient qu’à toi."

Je vous en supplie, si le thème vous intéresse, allez faire un tour sur le site de Diglee, et en particulier ce post : http://diglee.com/stop-harcelement-de-rue/#comment-47897
C’est riche en informations, en témoignages, et beaucoup de commentaires ne tombent pas dans le débat stérile qu’on voit à d’autres endroits. Prenez le temps de lire tout ça. La révolution est en marche contre le harcèlement de rue… Et le thème est vaste.

Filles


Las flacas

Las flacas


She wanted to be Japanese

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Miguel Hidalgo – portrait

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Amor en San Miguel

Un clic pour l’agrandir.

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Dépendance amoureuse et viennoiseries

Vous avez déjà senti que c’était la fin du monde si vous n’étiez pas aux côtés de votre moitié une heure durant ? Vous pensez qu’il vous manque trop ? Si vous n’avez jamais entendu parler de la dépendance affective, bienvenu(e)s… Et tentez d’en sortir au plus vite, parce que c’est la merde.

Plus je grandis – vieillis ? – et plus je me rends compte que je suis « bien comme mon père », une phrase qui m’agaçait tellement étant petite… Non pas parce que je ne désirais pas être comme mon père, mais parce que je ne voyais pas ce qu’il y avait de mal à « bien être comme mon père ».

Et ce vélo qui vient de passer, c’est toi qui me surveilles ? Oui, parce que je me suis fait la malle, comme on dit, mais pas en douce, pas vraiment, je me suis faite choper à la sortie, au moment où j’allais prendre mon vélo, sac sur le dos, prétextant un achat urgent et nécessaire de déodorant. Et en effet, c’est nécessaire et urgent, mais il est fort probable que je rentre sans déodorant, ce qui me vaudra quelques questions. En temps voulu, heureusement. Profite.

C’est donc bien sur cet aparté que je dois rebondir sur le thème avec lequel j’avais commencé. Vas-y bébé, il y a de l’encre et la moitié d’un carnet pour toi toute seule. Quand même con que tu n’écrives pas aussi vite à la main que sur l’ordi… L’avantage, c’est que ça oblige à penser bien avant d’écrire des conneries… Quoi que…

Nous disions donc que j’étais bien comme mon père. Sur plein de points. L’un d’entre eux, l’un des principaux aussi, c’est ce maudit sentiment que j’étouffe. Si je ne suis pas contente et pleine de vie à l’instant t et à l’endroit e, j’ai besoin d’air vite fait. Je l’ai contrôlé maintes fois, cet élan depuis presque deux mois qu’on est ici chez ses parents (putain, deux mois !), mais aujourd’hui c’était vraiment trop me demander que d’être là-bas et de feindre une nouvelle fois un sourire qui ne viendrait pas de l’intérieur. Juste physique, factice, moche, figé. Feint. Il convient de préciser ici, que je ne me suis pas levée du pied gauche : on m’a mise de mauvaise humeur à peine réveillée. C’était donc presque sûr que ce soit foutu pour la journée.

En rangeant quelques affaires j’ai eu le temps de penser à ce que je devais emmener, partir légère mais bien équipée : peut-être que mon cœur et/ou ma tête aurai(en)t besoin de toute la journée au large. Ce parc est agréable parce qu’il a des tables pour écrire. En chemin, j’ai trouvé mon rêve pour un petit-déjeuner : un demi-litre de jus d’orange frais, un croissant et deux autres viennoiseries bizarres, parmi les moins dégueulasses du Mexique (je mens, elles sont même relativement bonnes).

Il est 11h38, cela fait 18 minutes que j’écris. Un abruti muni de ses deux abrutis de chiens s’est approché et j’ai perdu le fil. J’avais pourtant réussi jusqu’ici à faire fi du crétin de la table d’à côté qui écoute de la musique de merde sur son téléphone en pensant que tout le monde apprécie (tout le monde = moi, le reste du parc est vide mais il faut croire qu’ils sont venus à la table d’à côté pour me mettre du baume au cœur avec la zizique et le chien-chien).

Quoi, aigrie ? Qui, aigrie ?…

Vengeance sur la troisième viennoiserie. Le goût me déçoit. Viennoiserie mexicaine. Et avec ça, vous voulez que la fille de Dupain (qui est « bien comme son père ») ne fasse pas de crises de manque de la typique boulangerie française ? Ainsi que de la bouffe en général : je ne peux plus voir une tortilla en peinture. Je veux et j’exige de la baguette. Conneries, donc. Je vous l’avais bien dit.

Je suis également armée de mon appareil photo (devinez qui me l’a offert ?oui, mon père, ce fameux Dupain), du téléphone (addiction peureuse), de mon vélo, et surtout, carnet-stylo-crayon, qui peut m’occuper un bon moment. À deux tables d’ici, il y a un pépé, lui aussi armé d’un vélo, d’un stylo et d’un carnet. Derrière lui, un idiot a la musique à fond.

Aujourd’hui, j’avais besoin d’air. C’est bien qu’ils (Dieu et Jizeusse ?) aient compris ça littéralement aussi, il y a un vent frais qui est très agréable (vous voyez, pas aigrie avec tout le monde…). Depuis longtemps je ne prenais pas le temps de dessiner, et beaucoup moins le temps d’écrire, alors que j’adore ça.

Auto-négligences infligées par la vie de couple (non pas que l’autre l’ait demandé, ni exigé, loin de là, mais la personne en couple peut parfois s’infliger elle seule certains châtiments et se rendre compte sur le moment, en faisant la gueule, ou plus tard, en le regrettant (plus grave encore) que c’est une erreur. Pourquoi ?

1. Pourquoi le fait-on ?

Parce qu’on pense ainsi que l’on accorde plus de temps à son partenaire, à sa vie de couple. L’erreur réside dans la croyance, pas dans une certitude, ou en d’autres termes, une certitude qu’on n’a pas.

2. Pourquoi c’est une erreur ?

Bien souvent, cela n’est pas bénéfique pour la vie de couple. Regarder un film ensemble ou être sur l’ordinateur à procrastiner (facebook, le diable numérisé) en attendant que l’autre se libère (de la même procrastination, cela va de soi) n’est pas bénéfique pour la vie de couple. Le partenaire n’a aucune raison de te remercier pour t’être auto-empêchée d’avoir fait ce que toi, tu aimes. Il ne le remarquera même pas (même si, de l’autre côté, lui-même t’a fait maintes fois la remarque qu’il ne te voit plus faire ce que tu aimes, il n’a aucune raison de penser que c’est pour/à cause de lui que tu ne le fais pas).

3. Pourquoi c’est une double erreur ?

Non contente de sentir la déception de n’avoir pas causé ni un sourire sur la face de ton partenaire, tu sens aussi la même déception et le même inutilité parce que tu n’as pas fait ce qui te plaît à toi toute seule, ce qui te fait du bien à toi (à défaut de faire du bien à ton couple, tu te dis). Tu te sens nulle, donc.

4. Pourquoi on récidive ?

Parce qu’on est connes. La conne optimiste a une fâcheuse tendance à commettre des records graves de la même erreur. Croire que ça marchera mieux que la dernière fois, le piège classique de l’optimiste (d’aucuns diront qu’il s’agit ici d’innocence, voire de niaiserie). Je ne suis bien sûr pas en train de dire qu’il faille sombrer tête baissée dans le pessimisme, attention, on arrête tout de suite. C’est très bien d’être optimiste. Mais alors, on fait quoi, on reste comme ça, à défoncer son optimisme ?

5. La solution miracle, c’est quoi ?

Déjà, savoir qu’il n’y a pas de solution miracle. Sans se décourager pour autant. Parce que oui, il y a effectivement quelques petits trucs à pratiquer pour changer un peu les choses et stopper le cercle vicieux des déceptions (« je suis incomprise », « je donne le meilleure de moi-même et il ne voit rien », « je ne vois qu’une chose : il ne m’aime plus »… j’en passe et des meilleures). Ce cercle vicieux a un autre nom : la dépendance amoureuse. Ça fait peur, ce diagnostic, n’est-ce pas ? Oui, mais ça se soigne, et c’est quelque chose qu’on ne peut soigner que si l’on accepte de changer de nous-mêmes. Il n’y a aucun médicament… Juste de la bonne volonté pour se sentir bien et indépendant, s’aimer soi-même au moins autant qu’on aime l’autre (gros boulot pour les dépendants amoureux, on ne baisse pas les bras), avant de pouvoir aimer l’autre de façon saine – et non dépendante, donc. Ça passe par :

  • Apprendre à dire non, et savoir que l’autre n’arrêtera pas de nous aimer pour autant. On n’a pas forcément envie de voir ce film. L’autre n’a pas à en faire un drame.

  • Apprendre (ou réapprendre) à faire ce que l’on aime (et ça peut être absolument n’importe quelle passion, n’importe quel sport, ou autre chose que l’on ne partage pas nécessairement avec votre partenaire), et savoir que l’autre n’arrêtera pas de nous aimer pour autant…

  • Apprendre à recevoir et valoriser le peu de (ou les nombreux, ça dépend) compliments qu’il nous fait, et bien se rendre compte qu’il les fait toujours dans des circonstances où nous n’attendons pas forcément de lui qu’il le fasse. En d’autres termes, de pas attendre de quelqu’un ce qu’on veut recevoir, mais ce qu’il peut et veut donner, et encore.

  • Apprendre à ne pas attendre de l’autre des choses ou des compliments parce que nous avons arrêté de faire quelque chose « pour lui ». Ne jamais faire de déguisement de chantage : si nous regardons un film ensemble, il faut en avoir envie tous les deux. Si j’avais envie de dessiner au lieu de regarder un film, j’aurais au moins dû dessiner devant le film, voire, ne pas voir le film du tout, et dessiner. Notre partenaire ne m’a pas demandé de ne pas dessiner, il m’a demandé si je voulais voir un film, et n’a sûrement pas la moindre idée que j’avais envie de dessiner. Si on commence à lui en vouloir pour ça, il ne comprendra pas d’où viennent notre mauvaise humeur et nos reproches, en plus de le prendre comme une agression gratuite, et, au passage, il nous taxera de lunatique. Une nouvelle déception nous attend parce que nous avons obtenu tout le contraire de ce que nous voulions, tout en nous privant de faire ce que nous aimons. On se sent nulle. Oui, mais on est dépendants amoureux, et on a besoin de prendre soin de nous et de faire la paix avec soi-même.

6. Faire des progrès

Une fois qu’on a diagnostiqué et qu’on tente de faire des progrès, on se rend compte que si l’on s’arrange bien, on peut avoir beaucoup de temps pour soi sans culpabiliser vis-à-vis du partenaire (culpabilisation qu’il n’a pas demandée, rappelons-le), à une seule condition : accepter que ce ne soit pas du temps « pour mon couple », « avec mon couple », ce qui est d’ailleurs une idée fausse, parce qu’après avoir lu ce qui suit, vous comprendrez que oui, se réserver du temps seule (et donc offrir du temps libre aussi à l’autre) c’est « bon pour le couple ». Je vous laisse placer le « CQFD » où vous voulez. Cette liberté, ce temps libre, cette activité seule, ça fait parfois peur, pour des raisons qui ont souvent un rapport avec la jalousie (« qu’est-ce qu’il peut bien fabriquer ? ») ou le manque de confiance en soi (« mais qu’est-ce que je pourrais bien fabriquer ? » se dit-on devant notre feuille blanche ou nos bobines de laine), ce qui, de toute façon, revient souvent au même, quand ce n’est pas un savant mélange des deux (je n’écris sans doute pas ça par hasard).

Il faut donc perdre la peur, oser la solitude, et réapprendre à faire confiance. Avoir confiance en soi, en l’autre, en la puissance de son couple. Si, il nous aime, et il nous aime très fort. En faisant quelque chose que nous aimons, on ne l’abandonne pas : on lui montre que l’on est forte, qu’on lui fait confiance, et qu’on est heureuse (satisfaction du dessin fini ou de l’écharpe tricotée), et aussi, aspect de la chose à ne pas négliger du tout, on lui donne du temps à lui pour faire ce qu’il aime, car lui aussi a droit à sa solitude ou à son espace personnel, son atelier, ou quoi que ce soit qu’il aimait déjà faire avant de nous rencontrer. Et qui nous a aussi séduites (même si on ne le pratique pas soi-même), ne l’oublions pas. « On l’aime comme il est », « il nous a connues comme ça »… des petites phrases à retenir.

Car oui, réapprendre, c’est parfois aussi faire un plongeon dans le passé. Souvenons-nous que nos dessins l’ont séduit. En dessinant, nous n’abandonnons pas notre partenaire, nous maintenons et alimentons la séduction qui nous a unis…

Enfin, mieux vaut l’encourager dans ses propres activités que de lui faire sentir qu’on ne lui fait pas confiance quand il n’est pas avec nous. Il en fera autant avec nous s’il ne le fait pas déjà (nous encourager, pas ne pas nous faire confiance…). Et s’il fait vraiment des conneries et que notre jalousie est justifiée, alors c’est un petit bâtard et il ne nous mérite pas, fin de la digression.

7. Maintenons le cap !

Ce qui en principe devrait être beaucoup plus facile car maintenir un cercle vertueux qui a déjà fait une boucle, c’est quand même vachement plus simple que de sortir d’un cercle vicieux. Relisez tout ça au besoin, ou faites-vous des petits papiers pense-bêtes. Aimez-vous. Et puis soyez heureux, bordel. Un jour, Belek m’a dit, sur une poubelle, « la vie et très courte ». Putain qu’il avait raison. C’était il y a cinq ans. J’aurais juré que c’était l’année dernière.

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Inspiration Coco Chanel

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